Petit bilan chinois...      

       La Chine, le pays aux 60 millions de millionnaires… Une chose est sûre : l'ouverture économique n'a pas profité à tous de la même façon ! Cela dit il ne semble plus y avoir de personnes vivants dans des bidonvilles et aucun village qui n'ait l'électricité et internet…  Si le taux d'urbanisation du pays est le plus élevé du monde et a dépassé les 50% en 2011, plus de 600 000 millions de personnes vivent cependant encore à la campagne. Et nous avons pu voir combien le fossé est important et visible entre ces « deux mondes » : d’un côté la Chine rurale où les gens, bien qu’ils ne possèdent pas grand chose, prennent le temps de se parler, d'échanger, de s'asseoir, de rire, de jouer... et de saluer gaiement les Laowai (=étrangers=nous) avec de grands « Rhallo » (=Hello) ; et de l’autre côté, le chine urbaine où les individualités sont perdues dans la masse (et c’est plutôt une sacrée masse !!!) et où l’indifférence est bien plus frappante. Aaah les bienfaits de l’expansion économique !... glop !

Enfin globalement, nous avons en fait trouvé les chinois ni spécialement sympas, ni spécialement désagréables. D’une manière générale, ils sont discrets et pragmatiques, et c’est un peu comme partout : un chinois jovial sera suivi d’un chinois aigri… l’un demandera une pose-photos avec vous tandis qu’un autre vous balaiera d’un signe de main « non pas de photos »… etc…

NB :

- le chinois n’aime pas « ne pas savoir »… quitte à vous indiquer une mauvaise route, pour peu qu’il ait une réponse à donner, qu’importe soit-elle. Plutôt déconcertant quand pour une même question, 3 chinois à la suite vous donnent 3 directions différentes…

- le chinois machouille, mastique, crache et effectue des raclements de gorge BRUYANTS ! Désagréable à souhait !

- le chinois urbain baraguine 4 mots d’anglais ; le chinois rural ne parle pas du tout anglais… reste les mains (et là encore pour annoncer les prix c’est parfois l’incompréhension jusqu’au bout des doigts : 10 pour nous, c’est montrer tous nos doigts ; pour eux, c’est croiser les deux index… heu… ?!), les guides et les bouts de papier sur lesquels sont écrits les destinations en chinois ! Sans ça, c’est galère assurée !

- le chinois aime, adore, adule son… klaxon ! Et vas-y que je klaxonne pour la voiture, le taxi, le bus, le vélo, le scooter, le piéton, le chien, la poule, la motte de paille, le virage… et tout ça sur 500m parcouru ! Chiiiiant !

- le chinois aime, adore, adule aussi son… appareil photo ! Et là on ne rivalise pas ! Y’a du lourd, du gros, du pro ! maîtres dans l'art de prendre des photos débiles, de tout et n'importe quoi (ils n'ont de cesse de "poser" devant tout et n'importe quoi : d'où notre nouvelle expression "la photo à la chinoise"...)

- la chinoise aime danser ! Pour notre plus grand amusement, et tout le long de notre périple, de gigantesques rassemblements nocturnes ou matinaux de chinoises ont lieu pour danser à l’unisson ! Parc publique ou même simple trottoir, peu importe, la « Zumba-synchro » must go on !

 

Côté « accomodations »….

            - On a plutôt bien mangé et pas été malades ! Il faut quand même savoir que ça n'a plutôt rien à voir avec ce que l'on trouve dans les restaurants chinois en France ("Il y n'a pas de nems?" "ah ben si!... au vietnam!"... ha). Nous avons toujours bu de l’eau en bouteille et avons également fait attention pour nous laver les dents à l’eau minérale. Il faut être curieux et tenter les stands de rues où se trouvent souvent de bonnes surprises pour pas trop chers, tels que les spécialités cuites à la vapeur : Dim Sums ou Jiaozi (dépend de la région) ou encore Dumplings ; les galettes fourrées ; les brochettes etc… Les plats de riz fris sont souvent une valeur sûre. Le plat pratique : la boite de Noodles ! Pas cher (5Y soit 0,60€), de l’eau chaude et hop, un repas ! Ce qui est d'ailleurs très pratique en car on trouve de l'eau chaude partout en Chine, gratuite, à disposition (espace publique, trains, etc...). A propos d’eau chaude : le thé est « huppé » en Chine ! 2 voir 4 fois plus cher qu’un coca… paradoxe ! Même si nous avons constaté que les chinois se trimballent systématiquement avec une gourde à thé.

Nos plats préférés : le poulet « sweet and sour » et le « Gongbao » avec des cacahouètes… Et en guise de nutrition-réconfort, le burger n’est jamais trop difficile à trouver…^^.

En moyenne nous mangions pour 6€ /pers /jour.

En tout cas c’est sûre la Chine c’est le pays où l’on mange beaucoup beaucoup de riz et à peu près tout ce qui est consommable (pensée pour les chiens du Guigzhou…) ! Aventuriers culinaires, à vos baguettes !

            - On a plutôt bien dormis en Guesthouses malgré les prix plutôt élevés ! A chaque fois en essayant d’optimiser le rapport qualité-prix : dortoirs, doubles sans sdb, négociations sur le nombre de nuit, etc… en moyenne nous dormions pour 9€ la nuit pour deux. *Les petits détails chocs : les douches se trouvent souvent au dessus des toilettes (certains y verront peut-être un aspect pratique…) et les toilettes publiques sont « turcs », sans portes, sans PQ, et très sales ! Une véritable aventure au-delà de la pudeur !...

 

          Se déplacer en Chine s’est avéré assez simple ! Sur 23 jours avons ainsi passé env 90h dans les transports et nous avons apprécié le fait qu’ils soient extrêmement biens organisés et plutôt propres. Certes les distances en bus sont sous-évaluées : pour 5h de bus annoncé, il faut en compter 7. Une fois qu’on le sait, on ne s’impatiente plus…^^. Le train en revanche est souvent plus long, mais a le mérite d’être à l’heure…

 

          La multiplicité et la variété des différents paysages traversés (et non traversés…) sont impressionnantes ! Des paysages karstiques du Gangxi, aux falaises du Guigzhou, en passant par les montagnes ensoleillées du Yunnan et la végétation luxuriante du Sichuan… Tout est possible ! Même si Loïc n’a pas pu échapper à la bonne grosse crève (gorge, rhume, etc…), nous nous sommes adaptés à de grosses différences météorologiques durant ces 23 jours, jonglants entre le débardeur et la doudoune gore-tex !

 

         Le patrimoine historique et culturel est sans conteste le « truc » de la Chine ! Tant à voir, tant à apprendre et comprendre… Les temples, majestueux, richement parés, émerveillent autant qu’ils questionnent : qu’est-ce que ce syncrétisme religieux où l’on mélange tout ? Un peu de Bouddhisme, de Taoïsme et de Confucianisme et hop ! voilà une croyance toute pragmatique à la Chinoise. A s’y perdre !...

Dommage tout de même que certains sites soient surexploités ! Le « tourisme-patrimoine » est un filon ? soit ! ils excellent alors dans la rénovation ou le « comment faire du vieux avec de neuf »… tout un art ! C’est ce qui fait que voyager en Chine n’est pas vraiment « cheap » ! Les prix prohibitifs des entrées et la dégringolade de l’euro font plutôt mal à la bourse. Même chanson pour le « shopping-souvenir ». Une question nous a d’ailleurs sans cesse taraudé devant le nombre impressionnant de boutiques aux articles identiques : comment s’en sortent-ils ? L’Economie de Marché Socialiste (ou « capitalisme d’Etat » pour les intimes…) fonctionne-t-il réellement ? L’avenir nous le dira….

 

Ainsi en faisant suffisamment attention, nous nous en tirons en moyenne pour 21,50€ /jour /pers (hébergement, alimentation, transports, visites/loisirs, achat souvenirs -y est exclu le satané billet d’avion pour Katmandu!-).

 

         Le point de vue écolo : y’a encore du boulot ! Malgré de gros efforts gouvernementaux, les comportements ont encore besoin d’évoluer. Ça jette par terre, par les fenêtres, dans l’eau… sans aucuns états d’âmes, par habitudes. Espérerons donc qu’elles changent un jour !

Le point positif et visible : l’énorme campagne en faveur des véhicules électriques menée depuis 2010. Les effets sont spectaculaires : quand on se promène dans le centre des grandes villes, on remarque que tous les 2 roues sont électriques ! Alors succès écolo ou écono ? (coût de l'essence/électricité) …

 

          Surveillance maximale ! Des caméras, un firewall national, l’impossibilité de se rendre au Tibet… c’est quand même vraiment dingue –et palpable !- cette omniprésence étatique ! De plus, ils semblent qu’encore aujourd’hui les relations conflictuelles qu'entretient la Chine avec ses voisins permettent de maintenir une certaine propagande autour du sentiment nationaliste. Le tapage médiatique autour de certaines querelles ou tensions en est le principal instrument. Certes, l'identité chinoise s'est façonnée à travers de nombreux conflits mais il est tout de même déroutant de voir à quel point le sentiment anti nippon est facile à réveiller…

 

         Une (r)évolution en marche ? Ce serait une question sociologique intéressante : en effet le fossé culturel entre les parents (ou grands-parents) et leurs descendants issus de la politique de l'enfant unique en vigueur depuis 1979, ne serait-il pas porteur d’une mutation ? D’un côté, les uns, très dociles, élevés jadis au sein de familles très nombreuses dans le plus grand respect des traditions et des valeurs telles que l'honneur, le respect, la loyauté, et de l’autre côté, les « uniques », centre d'attention de toute une famille, pendus toute la journée à leur i-phone ou sur leur ordinateur, et soumis à une forte pression de réussite sociale et scolaire. Exigeront-ils du changement, et de la liberté en plein boom consumériste et capitaliste ?