Après 5h de vol depuis Santiago, nous voilà enfin à l’île de Pâques où nous atterrissons sur la petite piste aménagée dans les années soixante-dix par la Nasa pour y poser ses navettes spatiales en cas d’urgence !

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L’essor touristique de l’Ile de Pâques date de cette époque, les gros porteurs pouvant alors se poser sur cet îlot isolé. C’est en effet la terre habitée la plus isolée au monde ! À l’est, les côtes chiliennes sont à 3 700 km ; à l’ouest, Tahiti est à 4 000 km ; au nord, les Galapagos sont à 3 800 km et, au sud, l’Antarctique est à 5 000 km.

Dès l’arrivée, on devine la nature volcanique… il y a des cônes partout ! L’île elle-même est en fait la partie émergée d’une chaîne de montagnes sous-marine. Trois volcans, à présent éteints, se sont formés là, et leurs « pentes » ont fini par se rejoindre pour créer ce petit bout de terre de 162 km2 et pas plus de 23 km de long. 

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Le bleu intense du pacifique, le vert éclatant des collines… nous voilà « à l’autre bout du monde » et pourtant, il nous semble retrouver ici des airs mêlés d’Auvergne et de Bretagne. L’absence de barrière de corail protectrice au large de l’île dessine une côte toute déchiquetée où les grosses vagues écumantes viennent s’éclater contre les roches volcaniques aux couleurs sombres. Un régal !

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Des colliers de fleurs nous sont offerts à notre sortie de l’avion… certes la Polynésie n’est pas si loin !

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À Hanga Roa, l’unique village de l’île qui compte 5000 habitants, l’ambiance est positivement nonchalante. Les chiens sont un peu partout et adorent accompagner les marcheurs… ça les promène !

 

               Il faut savoir que l’île est complexe sous bien des aspects :

- des origines incertaines : entre l’an 400 et l’an 800, les premiers peuplements sont polynésiens mais peut-être aussi incas ;

- des théories contradictoires sur la fabrication, le transport et l’élévation des moais (les fameuses statues monumentales) : certains pensent que de grandes quantités de bois étaient indispensables, d’autres pas ;

- de nombreuses thèses expliquant la dégradation environnementale qu’a connue l’île à partir du XVIIe siècle : déforestation, sécheresse, prolifération de rats détruisant la végétation ;

- de multiples hypothèses sur le conflit social ayant abouti au renversement des statues : famines, guerres claniques pour l’accès aux ressources, révoltes internes contre les prêtres, réorganisation politico-religieuse…

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L’île est pourtant longtemps restée protégée des convoitises. En 1687, un pirate britannique l’aperçoit mais n’y débarque pas ;  le jour de Pâques 1722, alors qu’elle compte encore au moins 3 000 habitants, elle est visitée par un navigateur hollandais qui la baptise mais passe son chemin.

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Si l’on sait si peu de choses avec certitude sur l’île de Pâques c’est parce qu’au XIXe siècle, la population a été décimée par les péruviens venus enlever les insulaires pour les réduire en esclave au Pérou. La plupart des rapa nui sont morts aux travaux forcés tandis que les rares qui en sont revenus ont ramené sur l’île des maladies dévastatrices. La population s’est alors trouvée réduite à une centaine d’individus provoquant une rupture des traditions orales et écrites (un système d’écriture complexe existait mais sa compréhension s’est perdue avec la disparition des élites).

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Ce que l’on sait, c’est que les moais étaient des statues commémoratives représentant des ancêtres divinisés au sein d’un modèle politique basé sur la parenté. Elles étaient commandées par les chefs de clans qui, cherchant à accroître les démonstrations de leur pouvoir, les ont souhaitées de plus en plus grandes. Il y en a 900 sur l’île dont 400 inachevées. Elles sont toutes différentes. Leurs tailles et les visages représentés ne sont jamais identiques. Leurs yeux blancs étaient faits de coraux et leurs iris, rouges ou noirs, de tuf volcanique ou d’obsidienne. Tournés vers l’intérieur de l’île, les moais étaient censés protéger les populations du monde extérieur. Ils étaient dressés le long des côtes sur des ahû, des terrasses sacrées servant de lieu de sépulture.

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Après avoir pris nos marques dans notre nouveau « sweet home », nous nous sommes organisé pour louer un petit 4X4 et sommes partis dès le premier jour vers l’est de l’île. 

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« Face contre terre » sera la position des premiers Moai « rencontrés » sur notre route. Puis nous grimperons au volcan Rano Raraku qui servait de carrière pour la réalisation de ces fameux bonshommes. Voilà un véritable atelier de sculpteurs à ciel ouvert ! La malléabilité du tuf (des cendres volcaniques compactées) permettait la réalisation des moais à même la roche. Il reste sur le site des centaines de statues en cours de réalisation à divers stades de fabrication, de l’ébauche à même la pierre à l’état terminé, plantées dans le sol.

Si les statues font en moyenne 4 mètres de haut pour 14 tonnes, le plus grand moai, inachevé, mesure 21 mètres pour un poids estimé de 270 tonnes ! Pour sculpter une statue de 12 mètres, il fallait 30 hommes et 12 mois de travail puis 90 hommes et 2 mois pour le déplacer sur plusieurs kilomètres, et enfin 90 hommes et 5 mois pour l’ériger sur sa plate-forme ! On peut être admiratif de leur foi (et/ou obstination ?) !!! 

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Le site de Tongariki situé sur la côte -et en quelque sorte face au volcan- laisse vraiment bouche bée. Un alignement de 15 moais se tient là près du rivage avec fière allure. Un mécénat japonais a permis de restaurer le site après qu’en 1960 un tsunami ait éparpillé les statues sur des centaines de mètres dans les terres.

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Pour notre pique-nique nous avons continué sur la côte nord de l’île jusqu’à la plage AnaKena. Un spot idéal ! L’île dévoile ici un aspect paradisiaque : plage de sable blanc, eaux turquoises, cocotiers verdoyants… et toujours quelques moais.

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Sur la route du retour nous nous sommes arrêtés au Ahu Akivi, où un alignement de 7 moais présente la particularité d’être tourné en direction de l’océan (alors que tous les autres sont tournés vers l’intérieur de l’île).

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9h le deuxième jour, nous sommes parés pour notre plongée dans l’eau cristalline du pacifique. L’île peut en effet se targuer d’avoir une eau propre (absence de plancton et de pollution industrielle) permettant jusqu’à 60m de visibilité ! Un instant magique au cœur d’un bleu infini et d’un paysage sous-marin envoutant : cavernes, arches, tombants, et plateformes de lave volcanique… un autre régal haut en couleurs et en sensations !

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La montée vers le site cérémonial d’Orongo nous offre ensuite une vue surplombant le village d’Hanga Roa et nous réserve une surprise de taille… le cratère du volcan Rano Kau renferme un lac d’eau douce parsemé de roseaux et l’un de ses flancs effondré permet d’y apercevoir l’océan en toile de fond. Sublime ! 

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Puis, le site de l’ancien village d’Orongo, nous permet de découvrir comment les Rapa Nui ont réorganisé leurs structures religieuses et politiques pour préserver les ressources de leur île menacée. Il semble qu’ils aient progressivement abandonné l’érection des moais (liés à des entités familiales ou claniques) au profit d’un culte dit de l’homme-oiseau permettant d’asseoir une autorité unique sur l’ensemble de la population. Chaque année, à l’arrivée des sternes noirs (une hirondelle des mers aujourd’hui très rare), le représentant du clan qui rapportait le premier l’un des œufs pondus sur un îlot à situé à 1,6 km au large, intronisait un chef pour un an qui était chargé de répartir les richesses au sein des clans. Ce culte disparaîtra à la fin du XIXe siècle avec les déportations massives vers le Pérou et l’évangélisation des missionnaires catholiques.

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Nous profiterons cette après-midi là de la beauté et de la tranquillité de la plage d’AnaKena. Un bouquin, du soleil, du sable blanc, les pieds dans l’eau… au bout du monde !

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Nous nous levons aux aurores ce troisième jour avec Floriane et Isa -deux françaises avec qui nous partageons notre « gîte »- pour aller admirer le lever du soleil sur l’Ahu Tongariki. Un moment presque « mystique » avec l’océan et le mont Poike en toile de fond !

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L’après-midi, Jess partira avec Isa pour 4h de randonnée en cheval jusqu’au volcan Teravaka tandis que Loïc ira jusqu’à la grotte Ana Kai Tangata pour y découvrir des peintures rupestres.

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Le programme du quatrième jour nous conduira jusqu’au site de Ahu Tahai, qui se situe près du village d’Hanga Roa, et jusqu’au musée où nous effectuons une courte visite instructive. La fin d’après-midi sera consacrée à la commémoration de nos pas jusqu’au bout du monde durant nos 9 mois de voyage qui, pour sûre, nous laissera une jolie marque indélébile… 

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Nous voilà au terme de notre séjour à l’île de Pâques.

Nous voilà au terme de notre épopée de 9 mois.

Voici venus le temps des souvenirs impérissables et de splendides derniers moments au bout du monde…

 


L’Île de Pâques en pratique

Dès la descente d’avion, acheter les billets pour le Parc National (15% de réduction) 30000 pesos ou 60 US$ par personne (donne accès au village d’Orongo et à la carrière des Moais, les deux plus gros sites de l’île mais pour une seule visite) ; prévoir du cash, dollars ou pesos.

Pour dormir :

Camping Minihoa : prêt de tentes et matelas si nécessaire (5500 par personne). Il est possible d’avoir une chambre aussi, avec SDB privée (25000) ou SDB commune (18000). Propre, convivial, face à l’océan et à coup sûr l’hébergement le moins cher de l’île. Un conseil : réserver !!!

Pour manger :

Sur l’île, on trouve de tout, ou presque, mais plus cher que sur le continent. Les restos sont nombreux mais pas franchement abordables. Il y a des supérettes, un marché, des distributeurs, une pharmacie et tout un tas de commerces. Même perdus au milieu du Pacifique, les gens y vivent comme nous. Prévoir tout de même un budget conséquent, car les prix sont bien sûr plus élevés. Des empanadas, un peu de cuisine, et notre budget pour manger durant ces 5 jours fut de 95€ à deux.

Pour se déplacer :

En séjournant au Camping, Roger peut avoir une voiture à 25 000 pesos la journée (en général à 35 000 en ville) ; un scooter se loue 20 000 pesos, un vélo 10000. Même si ces derniers permettent d’avoir « les cheveux au vent », les routes ne sont pas bitumées partout et par endroit, c’est même plutôt casse-g….!!

Divers :

- 4h de randonnée à cheval : 30000 pesos par personne (plan par Roger, du camping)

- chaque soir un spectacle de danse traditionnelle a lieu dans un endroit différent ; se renseigner auprès de l’office du tourisme situé près du « port ».

- entrée du musée 1000 pesos par personne

- une plongée avec « Orca » : 30000 pesos par personne

- astuce : apporter son passeport au poste office pour y obtenir un joli tampon de l’île de Pâques. Une manière de compléter une jolie collection de visas !...