Histoire d’anticiper sur les questions attendues, stéréotypées et nombreuses fois répétées pour notre retour au bercail, nous avons tenté « d’évaluer » notre voyage… C’est un exercice difficile qui ne permet pas vraiment de rendre compte de tout ce que l’on a pu vivre, ressentir, découvrir… mais nous saurons bien vite ceux qui l’auront lu ou non^^ haha


Nos 10 « Top One » 

       -> des pays :

Jess = il est difficile de « choisir » un pays plus qu’un autre. Aussi ai-je préféré faire un palmarès de « couples » de pays, parce que l’on peut aimer de manière égale ce qui diffère complètement :

1- Birmanie & Bolivie

2- Sydney & Île de Pâques

3- Sri Lanka & Bali

Loïc = Aucun ne sort vraiment du lot ; du bon et des contraintes dans tous.

       -> des lieux naturels :

Jess = L’île de Pâques

Loïc = Le sud Bolivien

       -> des lieux culturels :

Jess = 1- Angkor (Cambodge) 2- Paya Shwedagon (Myanmar) 3- Le Rocher du Lion (Sri Lanka)

Loïc = Angkor quand il n’y a pas trop de monde

       -> des lieux urbains :

Jess = Sydney

Loïc = Idem

      -> des plages :

Jess = île Surin près de Kao Lak (Thaïlande)

Loïc = Freedom Beach (Ko Tao - Thaïlande)

      -> des rencontres :

Jess = Pramod et Saru (Népal)

Loïc = Le Yogi (Inde)

      -> des « folies » :

Jess = La croisière-plongée aux Similans (Thaïlande)

Loïc = L’ascension du Huyana Potosi (Bolivie)

     -> culinaire :

Jess = La cuisine thaïlandaise : Pad Thaï et Tom Ka Kai !

Loïc = Les pancakes balinais

      -> des dodo :

Jess = Chez Christophe ! (Bangkok)

Loïc = Sur la crête de Namobudha (Népal)

      -> des « manques » (hormis les proches car cela va de soi…) :

Jess = La danse

Loïc = Le Taf^^ avec tout ce que cela représente.


Nos 5 « moments » 

     -> Improbable

Jess = La rencontre avec le Yogi

Loïc = idem

     -> Emouvant

Jess = retrouver sa famille à l’autre bout du monde

Loïc = idem

     -> Exceptionnel :

Jess = 1- la plongée en général et plonger avec les mantas à Bali 

Loïc = Hampi

     -> de bonheur :

Jess = voir ses grands-parents septuagénaires à l’autre bout du monde !

Loïc = la veille de rentrer, satisfait de tout ce qui a été vécu et impatient de retourner en France

     -> de paisibilité :

Jess = Sur l’Isla Del Sol au Lac Titicaca (Bolivie)

Loïc : Lors des plongées et au sommet du Huyana Potosi (Bolivie)


Nos 5 « Top Loose » 

     -> des pays :

Jess = l’Inde

Loïc = Aucun pays que je ne conseillerai pas, tout dépend de ce que l’on cherche.

     -> des moments :

Jess = 1- notre « renvoi » à l’aéroport de Katmandou (…) 2- notre retour manqué à New Delhi… 3- le Mont Batur

Loïc  = Le "départ" du Népal

     -> des arnaques :

Jess = Air Arabia (...)

Loïc = Le mont Batur

     -> des transports :

Jess = le bus de nuit de Uyuni (Bolivie) à Calama (Chili) à -10°C

Loïc = Idem !

     -> des « regrets » :

Jess = ne pas avoir pû faire le Guatemala et le Mexique... mais ce n'est que partie remise !

Loïc = ne pas avoir tester le surf à Sydney


 

Bon les podiums c’est bien beaux, mais qu’avons-nous à dire de plus ?

 

Le-voyage-ma-apporté-la-tourista     

 

 

        Et bien non ! Nous n'avons pas été malade au point

        d'être cloué au lit pendant 3 jours! Eh, eh merci le

        pépin de pamplemouss! Pas de turista, de dengue,

        ou de palu...! Pas d'accidents, pas de serpents, pas de

        mal aux dents! Pas de vol ni de grosses catastrophes!

        Nous revoilà entiers et en formes!

 

 

 

 

 

 

 

           Il y a plus d’un an déjà, nous rêvions. Nous sommes tous deux des fervents adeptes et habitués des « to-do list » (notre manière de gérer tous les « moulti-trucs à faire » du boulot/quotidien) alors on a abordé notre tour du monde ainsi : une « liste » des lieux que nous voulions voir, les endroits dont nous rêvions. Mais cela nous a rapidement confronté au syndrome du voyageur : la boulimie ! Il fallait impérativement résoudre l’équation temps impartis / moyens disponibles / envies raisonnables, pour définir ce qui serait bientôt notre futur itinéraire… rêvé !

Rapidement, un souci d’organisation s’impose. Logique vous me direz. Mais en réalité, pas si simple. L’ordre des pays ? Le temps à consacrer aux différents lieux ? Le budget à prévoir ? Quels transports ? Le climat ?

Alors on lit, fouine, cherche… les guides, les blogs, les sites… le projet devient alors un véritable puzzle de pronostics et de projections. Mais le tout est essentiellement spéculatif. Le coût ? Approximatif. Cela évolue très très vite. Le climat ? Mouais mouais, les « saisons c’est plus ce que c’étaient ! »… Nos envies ? Comment savoir d’avance que tel ou tel endroit nous donnera envie d’y consacrer plus ou moins de temps… notre but étant justement de découvrir…

Puis c’est la découverte –justement- du « Billet TDM » qui se présente comme LA solution qui vaut le « coût ». Le prix défit toute autre organisation. Prendre les billets un à un revient forcément plus cher. Alors comme ce type de billet ne permet pas de modifier le trajet, seulement les dates, tracer « l’itinéraire » définitif devient l’objectif n°1. Petit à petit, le puzzle se précise. On prévoit, repère, quadrille… on cherche les réponses aux questions anarchiquement flippantes : OÙ?  COMMENT? Avec QUOI? POURQUOI ? Les Visas? Les Médocs? Quel sac? Quelles chaussures ? (bon heureusement on sait déjà avec QUI !! haha…). On prévoit tout un tas de trucs pour se rassurer, quadriller des périmètres, poser des repères. C’est rassurant. On fait des jolis tableaux, des jolies graphiques, on annonce à tout le monde « voilà ce qu’on va faire et comment on va le faire ». Le voyage devient alors plus consistant, plus projectible, pour éviter la sensation du « trou noir » de l’incertitude.

Oui mais voilà, la richesse d’un tel voyage, outre les rencontres et les découvertes qu’il nous apporte, est aussi et surtout de pouvoir ressentir un immense sentiment de liberté. Le sentiment que le « Monde est à nous », et qu’on peut aller où bon nous semble. Qu’on peut surtout avancer au fur et à mesure de nos expériences et des changements qui s’opèrent en nous. On sait dans quel état d’esprit on part, mais pas dans lequel on sera 3 mois, 6 mois plus tard… et ça, c’est quelque chose qu’on ne peut pas prévoir dans des préparatifs !

À plusieurs reprises nous nous sommes sentis comme « coincés » avec notre itinéraire préétablis. Et cela devient dommage… voir même absurde et contraire à l’intérêt d’un tel voyage. Pendant les premiers mois nous avons comme « courus », pour avaler les kilomètres prévus, pour ne pas se défaire de notre itinéraire préétablis forcément trop dense. Nous avons eu les yeux plus grands que les pieds et ce rythme infernal a eu vite raison de nous. La fatigue devient alors quelque chose de terrible en routard. Car chaque jour il faut faire et défaire son sac, chaque endroit possède sa propre atmosphère, chaque kilomètre parcourus est un nouvel émerveillement… qu’il est nécessaire ensuite de digérer. La fatigue fane les choses que l’on voit avant même qu’on est eu le temps de les faire murir. On est donc d’abord fatigué, puis blasé. Trop de choses, trop d’un coup. Voilà pourquoi nous avons ralenti le rythme une fois en Thaïlande et voilà pourquoi il est impératif de prendre son temps. La qualité vaut mieux que la quantité ! Nous avons frôlé l’indigestion en Asie. Des temples, du riz, des temples, des rizières, des temples encore… On s’est souvenus qu’au départ, on épluchait nos guides, à l’affût des sites à visiter car nous ne voulions rien louper. Et puis on est devenu plus exigeants (pour ne pas dire « blasés » peut-être ?) et plus sélectifs. « En voir moins, mais voir bien ». Car dans les guides, chaque endroit et chacun des temples est mieux que les autres. Il y a le plus grand. Le plus vieux. Le plus haut. Le plus vieux des plus grands. Le plus grand des plus hauts. C’est sans fin et ça devient... lassant malheureusement. Bref, à force de manger des temples et de visiter du riz, nous en avions plein le ventre, et nos yeux étaient rassasiés. Sans parler des Bouddhas assis à côté de ceux qui sont couchés, pendant que les autres restent debout…

Bref, la liste s’allonge quand on y pense, et on s’est dit que ce serait dommage de poursuivre alors que l’on se sent tristement repus. Nous préférions garder nos beaux souvenirs au lieu de s’en fabriquer des vilains. On préférait revenir plus tard, quand on serait redevenus occidentaux et qu’on aurait à nouveau des étoiles plein les yeux. Le Laos et le Vietnam valent certainement le détour, mais on en n’avait plus l’engouement à ce moment là du voyage. Bien que les moteurs d’un tel projet soit avant tout l’engouement et le plaisir !

La découverte de la plongée nous a ainsi donné cet essor qui nous a permis de « rebondir » et repartir de plus belle. Nous avons donc fait le choix de « sacrifier » les derniers mois de notre voyage pour s’autoriser un budget « plongée » et retrouver l’enthousiasme que la fatigue avait fini par absorber.

L’Amérique du Sud également fut un nouveau souffle. La Bolivie nous a émerveillé aussi parce que tout était très différent de ce que l’on avait fait jusque là : culture, climat, langue, etc… Ce serait ainsi un autre point à retenir pour un tel projet : veiller à varier les plaisirs ! Des pays qui diffèrent, des ambiances variées, de découvertes en découvertes…

 Au final nous avons très peu de regrets et sommes ravis de nos 9 mois de voyage ! Mais indéniablement, si c’était à refaire, nous ne reprendrions pas de billet tdm et laisserions davantage le vent nous porter. La liberté a certes le prix de l’incertitude… mais la magie du voyage semble davantage s’opérer dans le vagabondage que dans l’organisation. Reste à savoir s’en délecter…

Autre point de désillusion tout de même : la « rencontre avec les locaux ». Mis à part au Myanmar, nos rencontres ont été fort peu « authentiques ». Nous représentons nous autres touristes une manne financière autant alléchante qu’indécente. Tels des conquérants nous débarquons avec notre pouvoir d’achat supérieur et pensons naïvement que nous ne créerons pas d’envieux ! Certes se sentir tel un porte-monnaie sur pattes et se faire appeler « touk-touk » est fortement irritant mais il faut être lucide et réaliser l’impact du tourisme dans un pays sous-développé. Il y a là une véritable responsabilité qui est loin d’être réalisé par tous. Nous nous sommes ainsi constamment questionné à propos de cet impact et nous sommes souvent heurté à une véritable problématique. Il n’est pas évident, à défaut d’être un touriste, d’être un voyageur conscient, respectueux, humble… tout un programme !

Puis à la lecture de certain blog on ne peut s’empêcher de se sentir dubitatif face aux gens qui se préparent à aller vivre une formidable aventure à la recherche d’authentiques et profondes relations avec les locaux… et d’autres qui justifient la folie de leurs voyages en prétextant un but humanitaire. C’est vrai peut-être que nos propres pauvres, chez nous, ne sont pas assez « pauvres » ?... ou pas assez « exotiques » ?... ça épate moins les copains certes! 

En revanche ce qui est gratifiant lors d’un voyage de cette ampleur est de sortir de sa zone de confort.
Réaliser que boire de l’eau potable, manger n’importe où sans crainte, obtenir des serviettes au restaurant, utiliser du papier hygiénique, ou encore se chauffer voir même se doucher sont des choses souvent difficiles à obtenir dans bon nombre de pays. Beaucoup de personnes ne profitent pas de ces « luxes » et ne pas les avoir le temps d’un voyage les fait apprécier à leur juste valeur… Puis on finit par s’adapter et par relativiser. Moins de plaintes et davantage d’humilité… Une majorité d’habitants de notre planète n’ont pas les moyens de se déplacer pour des raisons politiques ou financières et ne peuvent même pas émettre leurs opinions personnelles sans représailles de leur gouvernement. Il est bon de le voir, de le réaliser et de ne pas l’oublier.

Puis l’on réalise aussi que richesse ne rime pas forcément avec bonheur. Venir d’un pays industrialisé et vivre avec 30€ par jour n’est pas gage de bonheur. Et inversement : celui qui vit avec quelques centimes quotidiens n’est pas voué au malheur.
La Birmanie, dans le sourire répandue de la population, nous a ainsi donné une belle leçon de vie.

Vivons pour soi et non pour les autres. Le voyage permet ce libre cours aux désirs et le test de nos propres limites. Les nombreuses situations cocasses nous éprouvent et gravent en nous des souvenirs et une force indélébiles.

Nous avons ainsi éprouvé nos forces et nos faiblesses tant personnellement que dans notre couple. Cela nous a permis de voir clairement ce qui nous manquait, ce que nous voulions, vers où nous allions. Cela nous a permit de nous trouver…

Fort de ces constatations nous voyons bien que l’expression « voyage initiatique » est un pléonasme et que ce n’est pas pour rien si celui-ci a autant marqué notre littérature !

Les leçons du voyage sont pléiades !

La vie est courte, le monde vaste…

Carpe Diem !

J. 

 

        Nous voilà donc au terme de notre voyage. Contrairement aux habitudes, je vais écrire. En général je préfère laisser Jess exceller dans l’art de l’écriture et m’essayer à celui de la vidéo mais cet exercice de bilan me semble intéressant.

Alors qu’est ce qu’on retient de 9 mois de voyage ? Où en est le monde ? Où en sommes nous ?

Pour ma part le monde est assez semblable à ce que l’on peut imaginer grâce à la circulation de toutes les infos médiatiques. Cependant il serait bien dommage de se contenter de le visiter à travers un écran de TV. Le monde possède des paysages à couper le souffle impossible à faire rentrer dans le cadre d’une photo, des couleurs que l’on ne peut imaginer, des odeurs indescriptibles, des animaux extraordinaires bien plus vivants en liberté. La Terre est une artiste qui ne cesse de nous surprendre, à travers le déferlement des vagues, la perfection d’une dune ou encore à la variété de formes que peut prendre un bout de cailloux…

Mais la Terre est peuplée par des Hommes surement trop nombreux, qui l’exploitent, l’abiment, la détruisent. L’Homme, qui est capable de grandes choses, qui a su être ingénieux pour apprivoiser cette planète et ses autres habitants, qui a créé l’art sous ses différentes formes (musique, danse, peinture…), qui a réussis à construire des merveilles grâce à son inventivité et sa détermination, a su également détruire par intolérance et prétention. L’Homme est et restera un être imparfait avec des forces et des faiblesses. Nous avons aussi le sentiment qu’il tend à une certaine uniformité. À l’heure de l’hyper communication, grâce à internet, le savoir et la culture deviennent certes universel mais cela véhicule également l’image du « parfait-petit-consommateur » et de ce qui est censé être nécessaire pour être « bien » et « heureux ».

L’argent devient donc la finalité de toutes choses, on construit n’importe où, n’importe comment, l’avenir n’est pas important, ce qui prévaut c’est le profit immédiat. Les rapports deviennent intéressés, partout on entend des « my friend », « amigos » sous entendu « eh toi l’européen, lâches tes tunes ! ». 

Ce qui était traditionnel devient bisness et l’authenticité souvent recherchée a souvent été abandonnée pour le « progrès » ou simplement le profit. D’un autre côté où est en France l’authenticité et le traditionnel ? Y’a t’il encore des paysans qui retournent leurs terres avec une charrue ? Les gens vivent ils encore dans les châteaux forts ? Où peut-on encore entendre de la musique traditionnelle française ? Ces choses là nous les avons aussi délaissées… cela semble dans l’ordre des choses et cela ne fait pas de la France un pays sans intérêt. Il faut « vivre avec son temps » et tous les pays souhaitent également pouvoir profiter de l’électricité, de l’eau, de Facebook… Nous nous rendons compte que finalement c’est trop, que l’essentiel n’est pas là et que, peut-être, « avant c’était pas si mal ». Mais ce bilan nous est facile maintenant que nous avons tout eu, alors laissons-les avoir envi d’être au niveau des « pays développés ». Ils sont peut-être en train de se planter mais ce n’est pas à nous de les juger. Des rencontres à faire il y en a plein, laissons les aprioris et essayons d’apprendre de l’autre. Certes nous tendons surement vers la même chose mais nos histoires et nos cultures sont différentes. Pour nous, la langue a souvent été un obstacle et a empêché d’approfondir les relations.

Le sentiment qui ressort de tout ça est que j’appartiens à cette terre et que je suis émerveillé de ce qu’elle peut créer. Je me sens similaire à ses habitants. Je me sens bien à peut près partout mais je reste heureux de rentrer en France. Dans ce pays aux nombreuses possibilités, aux nombreux paysages et aux nombreuses variétés culinaires… pour y retrouver les gens que j’apprécie et une vie qui est telle que je veux qu’elle soit. Ce fut un voyage plein de découvertes et une expérience unique que j’étais heureux de partager avec Jess.

 L.


 

En chiffres !!! 

chiffre- 

       Notre tdm de 9 mois -soit 263 jours- a comporté :

                     - 15 pays

                     - de -35m à 6088m d’altitude

                     - 108 hébergements différents

                     - 24 vols soit +/- 66000 km en 90

                     - 144 bus soit 285h

                     - 23 trains soit 101h

                     - 1100 kilomètres à pied

                     - 68 métros

                     - 55 bateaux

                     - 67 tuktuks

sans compter les chevaux, les velos, les scoots, les motos, les pouss-pouss, les éléphants, les chameaux…

                     - 31 Mcdo

                     - 26 ljtmbl

                     - 151 parties de Yatz

                     - 30 montages vidéos

                     et… 7670 photos !

                                 pour 85000 km parcourus !!!

 

            ***Côté grimpe : 4 falaises, 2 sites de Blocs, 7 salles.

 


 

Et par ici notre itinéraire effectué en vidéo :