Certes le titre de ce billet est peu original –car fortement usité dans les blogs tourdumondistes- mais il me plaisait… alors je partage^^ 

Après notre superbe escapade titicacaienne, nous avons sauté dans un bus de nuit pour « l’autre » capitale bolivienne : Sucre (prononcé « Soucré »), ville blanche, ville coloniale, ville universitaire, ville ensoleillée… bref, ville magnifique ! En fait l’histoire bolivienne, depuis son indépendance, a vu les deux empires citadins se disputer les pouvoirs de la république. Sucre est bien la capitale constitutionnelle, mais le siège du gouvernement (pouvoir législatif et exécutif) est à La Paz.

Et Sucre nous a plut… un véritable moment de douceur^^… d’autant que nous nous y trouvions pile au moment du festival du chocolat ! (rhooooo).

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Puis, pour parfaire encore le hasard, nous sommes arrivés à Sucre un 25 mai, date d’anniversaire de son indépendance, et date nominative de son agréable place centrale (25 de Mayo). Nous nous sommes ainsi rapidement mis « dans le bain » en nous noyant dans la foule bolivienne au milieu des fanfares et des défilés.

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Ce fut aussi l’occasion de retrouver Barbara avec qui nous avions partagé notre trip en Mongolie ! Egalement en tour du monde, elle est aussi « synchrone » en quelque sorte avec nous car son départ date de septembre 2012 et son retour est prévu pour mi-juin 2013 ! Dingue ! Anecdotes de voyages, bons plans, bons restaus, franches rigolades… on en avait des choses à partager ! Bonne humeur et bons moments garantis ! On l’embrasse !

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Nous en avons aussi profité pour aller jusqu’au petit village de Tarabuco situé à 60km de la capitale. Célèbre pour son marché dominical, l’endroit, vivant et coloré, accueille les indiens Yamparas et Tarabucos des villages voisins venus en nombre vendre le produit de leur artisanat. Bien qu’un peu « touristiquo-adapté », flâner dans le village et son marché fut un autre bon moment bien sympathique partagé avec Barbara.

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Après deux douces nuits passées à Sucre (à 2500 m, il fait moins froid !), nous avons repris un peu de « hauteur » en partant pour la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde (rien que ça !) j’ai nommé Potosi avec ses 4070 m ! Autre joyau urbain à l’architecture colonialiste de Bolivie, Potosi est classé par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité pour son passé tragique et mouvementé. En effet, la ville semble être la représentation parfaite de la cupidité humaine. Pas moins de 8 millions de morts indiens et africains en 3 siècles de domination coloniale et d’opulence honteuse. Pourquoi ? Parce que cette ville est au pied d’une montagne de 4824m faite de minerai d’argent. Le « Cerro Rico » (Montagne Riche) est ainsi la plaie encore saignante des boliviens. L’ignoble industrie d’extraction d’argent exercée par les Espagnols fit de Potosi l’une des plus grandes et des plus riches villes de la planète. Plus de 30 000 tonnes d’argent y furent extraites pour être envoyées directement en Europe. Les ressources aujourd’hui épuisées font maintenant de Potosi la ville « des mines » à la fois enfer quotidien pour les mineurs et manne financière pour les agences touristiques. Car on ne s’arrête pas à Potosi sans « faire » la visite des mines ! Une visite à sensation vendue par les agences comme l’aventure du coin. Sous couvert « d’aider » les mineurs dans leur quotidien les touristes se précipitent pour faire l’activité palpitante nommée et recommandée par leurs guides. Habillé en mineur, il s’agit de déambuler dans des galeries où des milliers de Boliviens se tuent à la tâche pour un salaire de misère. Avec une espérance de vie de 45 ans (merci la Silicose), ces hommes se sacrifient encore aujourd’hui pour nourrir leurs familles s’en remettant à la Coca et à « El Tio » le dieu de l’enfer.

Vous vous en doutez donc : Germinal au XXIe siècle et en direct, ça ne nous a pas envoyé du rêve. Voyeurisme, tourisme de la misère… bref, on a choisit de ne pas visiter les mines, pour une raison éthique, et parce qu’on a vu ce film à Sucre :

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On vous le recommande vivement !

L’incroyable soleil qui dominait la ville ce mardi 28 mai, nous a invité à flâner dans les rues pour s’imprégner de son atmosphère. Ce fut également l’occasion de visiter l’Hôtel National des Monnaies, le monument phare de la ville. Edifié au 18ème siècle pour y contrôler la frappe des pièces coloniales, ce bâtiment incroyable de 7700 m2 est aujourd’hui un magnifique musée, témoignage de l’histoire et de la culture de ville. Bon, bien que la visite guidée en français fut effectuée sans conviction et monotonie, nous avons quand même apprécié le moment…

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La Paz, Sucre, Potosi… nous nous sommes donc un peu immergés dans « l’ambiance urbaine bolivienne »… une atmosphère à la fois de quiétude et de frénésie. La vie intellectuelle semble partout bien installée, et l’on peut voir dans le regard des Boliviens une sorte de « fierté citoyenne », une volonté, une personnalité originale encore préservée des modèles américains et européens (pour combien de temps ?).

Mais ces villes sont aussi des sortes de « marmites » dans laquelle le visiteur n'a pas assez d'yeux pour voir tous les ingrédients de cette soupe andine, pas assez de nez pour comprendre l'origine de toutes ces odeurs, pas assez de mains pour toucher tous les fruits de la culture Quechua, pas assez d'oreilles, pas assez de temps…

 

Nous reprenons ainsi la route après avoir passé une nuit et une journée à Potosi. Direction Tupiza… et le Salar de Uyuni !

 


 Le coin des backpackers :

Pour dormir :

Sucre : Alojamiento San Marcos 35B pp pour une double, sdb commune, wifi.

Potosi : Koala Den 60B pp pour une chambre de 4, chambre privee, chauffage, wifi, ptit dej inclus. Une tres bonne adresse !

Pour manger :

Sucre : de nombreuses « saltenerias » excellente et pas cher ; le « Bibliocafe » pour les menus du midi copieux ; le marche pour les delicieuses salades de fruits du matin !

Potosi : le resto du Kolala Den situe en face de la Maison de la Monnaie 40B le menu ULTRA copieux qui suffit pour deux.

Deplacements :

- A Sucre, il est facile de rejoindre la ville a pieds depuis la gare routiere ; en revanche il faut prendre un taxi a Potosi (compter 5B pp)

- Trajet Sucre-Tarabucco : 35B pp A/R en bus « touristique ».

- Sucre – Potosi : 3h30 de trajet, 18B pp